[Critique Fantasia] The Mole Song – Undercover Agent Reiji

the-mole-song-film-posterJapon; Réalisé par Takashi Miike (13 Assassins; Zebraman; Ichi the Killer) Fantasia | IMDb | Douban
Projeté à Fantasia les 17 et 19 juillet 2014

Un policier dévoué mais incompétent se fait renvoyer des forces policières pour être enrôlé en tant qu’agent double pour infiltrer un clan de yakusas. Sa stupidité l’amènera étrangement à gravir les échelons et se retrouver au beau milieu d’une lutte de pouvoir au sein même de ce clan et d’une guerre contre un clan rival.

Réalisateur prolifique (il réalise plus d’un film par année, sans relâche depuis 1991), Takashi Miike est sans contredit l’un des réalisateurs favori du Festival. C’est un peu le Quantin Tarantino du Japon. L’appréciation unanime des utilisateurs du site Douban.com pour The Mole Song suggère que ce dernier Miike devrait en être un excellent. Bonne chance pour avoir des billets, fais la file tôt…

Avec son humour délicieusement absurde et son dynamisme contagieux, THE MOLE SONG marque le retour triomphal de Takashi Miike à la comédie! – Fantasia

Verdict

 The Mole song débute avec une légèreté très agréable pour un film de Takashi Miike. Ses personnages badass et cools sont présents, nombreux, mais ne se prennent pas au sérieux. Miike utilise de petites animations pour accentuer l’aspect loufoque du film. Lorsqu’il utilise des clichés, il les souligne à gros trait et s’en moque, au délire de la foule. Dès les premières minutes, la phrase issue du catalogue Fantasia citée ci-haut résonnait dans ma tête: retour triomphal de Takashi Miike à la comédie!

Ce que moi j’ai compris dans cette phrase est que ce serait une comédie comme il n’en a pas fait depuis longtemps (dans  ma  tête, je pense à Zebraman), davantage qu’à une tentative de comédie comme l’avait été la comédie romantique For Love’s Sake en 2012. Alors que Zebraman était resté une comédie du début à la fin, For Love’s Sake exposait un style récurrent des films de Miike des dernières années : un excellent concept, amorcé en maître au début avec des personnages passionnants, mais dont le film perd son fil conducteur vers le milieu du film et on aboutit avec tous ces personnages qui trouvent le moyen de se taper sur la gueule pendant une heure, oubliant parfois complètement l’objectif de départ, et pourquoi ils se tapent sur la gueule. Bref, le film s’enlignait vers « le retour triomphal de Takashi Miike à la comédie » et j’étais fort excité d’être là.

Renji est un peu con, maladroit parfois, mais sa stupidité l’amène à conclure des trucs invraisemblables sur les actions qu’il doit poser, mais ces actions étranges fonctionnent et épatent les yakusas. On devient vite curieux sur la manière dont il continuera de grimper les échelons tout en étant si idiot.

Réponse : ça n’arrive pas vraiment. À la moitié du film, il devient moins idiot, très sérieux et dévoué à la fois à la protection de son acolyte nouvel ami gangster, et en même temps et de manière incompatible avec son ancien corps de police. Le film prend une tournure dramatique, violente, agressive, avec surtout du drama cheesy de phrases creuses passionnées du type « j’aurai ma vengeance » + sourcils froncés et point serré. L’aspect comédie est alors plutôt oublié. L’humour revient de temps en temps avec un gag ici et là, toujours bien apprécié du public chaleureux Fantasiesque, mais entre eux, un silence bien passif règne. J’ai compris dès les premières notes de ce changement de ton au milieu du film dans quel scénario on se trouvait. Takashi Miike nous faisait un Takashi Miike. Il nous a teasé avec un superbe concept humoristique au départ, dans lequel on a tous embarqué et applaudit. Puis il nous a fourré au fond de la gorge une louche pleine de tapage sur la gueule pendant une heure, heure après laquelle ni Miike ni nous ne nous souvenions vraiment des objectifs de l’agent Renji.

Takashi, t’as besoin de producteurs qui sauraient te dire non. T’as besoin d’encadrement. C’est clair que Takashi Miike est un réalisateur de grand talent, ça se voit dans ses débuts de films. J’ai l’impression que la carte blanche ne lui convient pas, je pense aussi qu’on serait sans doute mieux servi avec un excellent film de Miike aux deux ans, plutôt que d’excellentes premières moitié de film, deux fois par année.

Conclusion

Si vous aimez le style brutal de Takashi Miike et savez trouver quelque chose de palpitant dans ses longues bagarres de deuxième moitié de films, alors vous serez comblés avec The Mole Song. La première partie est une brillante comédie, et la deuxième partie est de l’excellent tapage sur la gueule bad boy style à la Crow Zero mais avec des personnages visuellement encore plus palpitants, presque comme The Raid 2. Si toutefois comme moi vous vous passeriez des passes de combat interminables, vous allez probablement trouver le temps long dans la deuxième moitié du film.

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