[Critique Fantasia] Han Gong-ju

han-gong-ju-posterCorée du Sud; Réalisé par Lee Su-Jin – Fantasia | IMDb | Douban | Metacritic
19 juillet • 19:25 • Théâtre DB Clarke | 25 juillet • 19:15 • Salle J.A. De Sève | 7 août • 17:30 • Salle J.A. De Sève

Situé en Corée du Sud, Han Gong-Ju explore le regard qu’une adolescente a sur elle-même après avoir été violée, et celui de la communauté dans laquelle elle vit.

Le film a un score de 8.1/10 sur IMDb et ne cesse de remporter des prix dans les différentes compétitions où il se présente.

Verdict

Le visionnement du puissamment poignant film Han Gong-ju me donne le sentiment d’avoir vu un film extraordinaire, un film important.

Le film débute au lendemain des événements traumatisants de la vie de la jeune Han Gong-ju. « Mais, je n’ai rien fait de mal », dit-elle, alors que c’est elle qui se voit expulsée de son école, elle qui doit quitter le monde dans lequel elle vivait.

La prémisse me rappelait un reportage que j’ai vu l’année dernière à Radio-Canada sur une jeune scandinave qui a dû partir en exile après s’être fait agressée parce que l’ensemble de son village préférait croire le jeune homme innocent, malgré le fait qu’il avait récidivé. Sans doute que le récit d’Han Gong-ju a été encore plus poignant sachant que ce type de situation désespérément injuste est malheureusement bien réelle.

On accompagne donc Han Gong-ju alors qu’elle tente de poursuivre sa vie dans une nouvelle école, ayant de la difficulté avec le concept même de se laisser avoir confiance en quiconque. À travers le film, quelques flash-back, bien dosés reconstruisent ce qui s’est passé, aiguisant notre compréhension de son attitude et aidant à comprendre à quel point Han Gong-ju, maintenant extrêmement fragilisée, est probablement est dotée d’une force d’esprit plus grand que nature.

Lourde critique de la société coréenne en la matière (même si je me doute que beaucoup de pays, le Canada inclus, doivent avoir une fiche terrible à ce titre), Han Gong-ju est fascinant, choquant, émouvant, et malgré toute la lourdeur du thème, le récit parvient à demeurer agréable et doux, nous emmenant indirectement à réaliser la dureté de la réalité, tel un magnifique poème, passionnant à lire malgré le contenu tragique qu’il exprime. Lee Su-jin a fait un travail remarquable et offre une fine réalisation, dévoilant les événements dans un rythme qui d’abord intrigue, ensuite captive, et monte dans un crescendo d’une telle intensité dans lequel on ne pourrait sortir, même si on le voulait.

Quiconque a vu deux films coréens a pu remarqué combien le cinéma coréen tente souvent très artificiellement de nous faire pleurer, en général par un truc pas très efficace de faire pleurer un personnage des minutes durant. J’avais un peu peur d’avoir de telles scènes sappy dans Han Gong-ju, mais il n’en est rien. La trame émotionnelle se dévoile à travers un scénario et un montage bien ficelé, et transporté par la jeune actrice Chun Wuh-Hee qui offre une solide performance. L’absence de cheesy-sappy ne vous évitera sans doute pas une montée ou deux de doux sanglots.

Conclusion

Han Gong-ju est un film puissant qui ne se laisse pas oublier, un film d’une telle excellence que je trouve tragique d’en parler alors qu’il ne sera possiblement jamais disponible ici. Les deux représentations Fantasia sont déjà derrière nous… Ô Netflix, achète dont les droits! À ce jour, outre Boyhood qui joue dans une ligue inaccessible, Han Gong-ju s’est hissé au titre de mon film favori de Fantasia 2014.

Mise-à-jour : Fantasia présentera le film à nouveau en supplémentaire le jeudi 7 août à 17h30. C’est une chance à ne pas manquer!!

Be the first to comment

Leave a Reply